Pleurer des rivières - Page 3

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7.Jaspard

Pleurer des rivières

 

"Ecrire est une bizarrerie : j’écris dans la souffrance, (...) Je dois être un peu maso.

(...) Mais je pense que cette douleur me convient, comme celle que l’on inflige aux rossignols pour qu’ils chantent leurs plus belles mélodies."

 

 

7.Jaspard

Pleurer des rivières

 

"Ecrire est une bizarrerie : j’écris dans la souffrance, (...) Je dois être un peu maso.

(...) Mais je pense que cette douleur me convient, comme celle que l’on inflige aux rossignols pour qu’ils chantent leurs plus belles mélodies."

 

 

Biographie & Bibliographie

Alain Jaspard est né à Marseille le 1er septembre 1940.

Réalisateur, Il a dédié une grande partie de sa carrière au public jeunesse. Il est à l’origine des adaptations pour la télévision en séries animées de livres comme Tom-Tom et Nana de Jacqueline Cohen et Bernadette Després, Le Proverbe de Marcel Aymé, ou encore Les Contes de la rue Broca de Pierre Gripari.

Pleurer des rivières est son premier roman.

 

Pleurer des rivières

 

Pleurer des rivières
7.Pleurer des rivieres

 

Enfreindre la loi peut se révéler fatal.

Julien, brillant avocat, le sait mieux que personne. Pourtant, lorsqu’il parvient à obtenir la relaxe de son client, Franck, un Gitan d’Argenteuil, il n’imagine pas que leurs épouses respectives vont les entraîner dans une folle aventure.

Pour les deux jeunes femmes, complices inattendues, une seule question se pose : quand on fait le bien, où est le mal ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits

Extraits

" C’est marrant à quoi ça tient une histoire. À une diode. Une pièce minuscule, la plus misérable qu’on trouve sur un engin motorisé. Une diode à deux balles. Une diode défectueuse.Sans cette diode, donc défectueuse, je serais pas là devant ma machine à rassembler les tenants et les aboutissants de toute l’affaire, je serais tranquille pépère, usant et abusant des avantages des retraités dans mon pavillon de Ris-Orangis, matant du soir au matin et du matin au soir des DVD sur mon Sony extra-large.Je suis bien placé pour la raconter cette histoire vu que Marguerite elle a quinze ans de moins que moi, elle bosse encore, elle bosse à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes et c’est là qu’elle était aux premières loges, elle a tout suivi, tout ce gâchis.Une diode donc.C’était à Bagneux, la nuit du lundi au mardi, le premier mardi du mois quand on met les encombrants sur le trottoir, faut pas trop traîner, y’a du monde sur le coup, des Roms, des Kosos, souvent ça chauffe, y a de la marave dans l’air, le manche de pioche est pas loin. Sammy et l’Arabe avaient rempli le Mercedes jusqu’à la gueule, des frigos, des gazinières, des meubles en tôle, un peu de cuivre même, rien que de la ferraille, la ferraille c’est son job, à Sammy. Il avait ramené l’Arabe à sa moto et s’en revenait à quatre heures du matin tout guilleret sur Argenteuil quand la durite d’eau a pété, le radiateur s’est mis à chauffer, à fumer et là, va savoir pourquoi, la diode qui doit s’allumer sur le tableau de bord pour prévenir quand il y a ce genre de mauvais coup a pas fonctionné et quand la bielle a fondu, le moteur s’est explosé, la camionnette s’est mise à tanguer, divaguer, tituber, elle a grimpé sur le trottoir, toute la ferraille valdinguait dans un boucan pas possible, elle s’est empéguée un phare sur un lampadaire dans un barouf de vaisselle cassée. Elle fumait de partout, elle glougloutait, elle grésillait, elle pschittait, on aurait dit une symphonie pour huit casseroles et un autocuiseur, son phare rescapé éclairait un mur tout graphité de « foc la police » et autres insanités. Un ultime gargouillis. Rideau.La neige s’est mise à tomber, les flocons virevoltaient dans la lumière jaune du phare borgne, c’était poétique, mais la poésie quand tu viens d’emplafonner ton gagne-pain dans un lampadaire, c’est très superflu. Sammy a allumé une clope. « Saloperie de diode ! " (p.3)


Revue de presse

« Très scénique. », « Très réel. », « Très tendre. », « Une histoire de Tziganes, ou plutôt de Yéniches, à la fois fait divers, roman policier, roman de mœurs, qui nous met avec beaucoup de doigté face à un bout de notre société et de notre justice.»
Le Monde des livres, Barbara Cassin

 

Le premier roman du réalisateur Alain Japsard, à la plume oscillant entre poésie et langage cru, excellant à dépeindre des décors variés, est d’une originalité et d’un rythme à saluer.
Point de vue, Jessica Nelson

 

Rythmé, habile, surprenant, le premier roman d’Alain Jaspard, réalisateur né en 1940, est une réussite.
L’Obs, Claire Julliard

 

Un coup de maître ! […] Le tout d’une plume vive, gouailleuse, souvent crue, très savoureuse. […] Non content d’évoquer avec empathie les gens du voyage, Alain Jaspard s’empare de thèmes très actuels, des bobos parisiens aux évadés fiscaux, en passant par l’excision et le racisme.
L’Express, Delphine Peras