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4.Dorchamps

Ceux que je suis

"J’ai du mal à envisager l’écriture comme une activité en deux dimensions.

Nous sommes des êtres sensuels, tout passe par nos sens (...)" 

 

4.Dorchamps

Ceux que je suis

"J’ai du mal à envisager l’écriture comme une activité en deux dimensions.

Nous sommes des êtres sensuels, tout passe par nos sens (...)" 

 

biographie

Olivier Dorchamps est un auteur franco-britannique.

Il a grandi dans le quartier des Ternes à Paris et a choisi de vivre à Londres après quelques années aux Etats-Unis, à Washington.

D’abord avocat puis entrepreneur, il a changé de vie pour se consacrer à l’écriture en français, "une langue dans laquelle j’ai moins de pudeur à dévoiler mes propres émotions qu’en anglais".

 

"Ceux que je suis" est son premier roman.

 

 

Ceux que je suis

 

Ceux que je suis

4.ceux que je suis

 

 "Le Maroc, c'est un pays dont j'ai hérité un prénom que je passe ma vie à épeler et un bronzage permanent qui supporte mal l'hiver à Paris, surtout quand il s'agissait de trouver un petit boulot pour payer mes études". Marwan est français, un point c'est tout. Alors, comme ses deux frères, il ne comprend pas pourquoi leur père, garagiste à Clichy, a souhaité être enterré à Casablanca. Comme si le chagrin ne suffisait pas. Pourquoi leur imposer ça ?

C'est Marwan qui ira. C'est lui qui accompagnera le cercueil dans l'avion, tandis que le reste de la famille arrivera par la route. Et c'est à lui que sa grand-mère, dernier lien avec ce pays qu'il connaît mal, racontera toute l'histoire. L'incroyable histoire...

 

 

 

 

   

Extraits

Extraits

" Il avait désapprouvé mon choix pour les vacances d’été.
C’est cher le Portugal, avait-il murmuré en dodelinant de la tête; mon fils, tu dois apprendre à faire des économies si tu veux des enfants. Lui, qui a passé sa vie à traquer le moindre sou, ne comprenait pas que notre génération n’épargne pas l’essentiel de son salaire. J’avais beau lui dire que je n’avais aucune envie de fonder une famille, il s’en débarrassait dans un haussement d’épaules. Si ta mère et moi on aurait le luxe de prendre des vacances, on choisira toujours le Maroc, et toi et tes frères aussi, tu devrais.Tu es français, c’est vrai, mais tu es aussi marocain, mon fils.
Il avait raison. J’aurais sans doute mieux fait d’aller à Agadir ou Essaouira. Même à Casa, voir la famille. Capucine n’aurait pas pris le risque d’aller en pays musulman, pas en ce moment, tu comprends ? Elle aurait passé ses vacances à se geler les os sur la plage de Perros-Guirec avec son amant et c’est moi qui rirais à présent.
Ça l’attristait que mes frères et moi soyons dénués de toute fibre patriotique, envers le Maroc comme envers la France d’ailleurs; paradoxe d’une intégration réussie sans doute. Nous sommes français, nés ici et peu de Français ont l’âme patriote de nos jours. Ou ils le cachent pour ne pas se faire traiter de fascistes. Tu ne peux pas dire ça si tu es de Gauche, tu comprends ? répétait Capucine quand je parlais ainsi. Et les Communistes Résistants, ils n’étaient pas patriotes quand la Milice les fusillait ? Ça n’a rien à voir, on n’est plus de Gauche de la même manière aujourd’hui. C’est pourtant pas difficile à comprendre.

Le Maroc, c’est un pays dont j’ai hérité un nom que je passe ma vie à épeler depuis l’école — pourquoi Ali a-t-il eu le nom facile, lui ? — et un bronzage permanent qui supporte mal l’hiver à Paris, surtout quand il s’agissait de trouver un petit boulot pour payer mes études. Nos parents ne nous ont jamais vraiment parlé arabe, même si à force de les entendre, on le comprend, ni emmenés à la mosquée. Mon père n’est retourné au pays qu’une huitaine de fois depuis
qu’il a immigré en France. Huit fois! En trente ans! L’argent servait à nous y envoyer nous, mes frères et moi, et surtout à faire de nous des petits Français ici. Quand on allait en vacances chez Mi Lalla, notre grand-mère, on baragouinait un peu le marocain parce qu’elle ne parle presque pas le français, à part les chiffres. Mais presque pas, c’est déjà un peu, et là-bas les grands-mères font davantage la cuisine que la conversation, alors je peux prononcer tous les plats marocains en arabe sans accent et Mi Lalla compte parfaitement jusqu’à cent en français."

Revue de presse

ceuxquejesuis 21cm

 

 

 

 

 

 

 

  Augustin Trapenard, 21 cm

  "Ceux que je suis" est un roman plein de pudeur et de délicatesse, dont la subtilité se révèle à travers des scènes à la justesse toujours irréprochable.
Actualitté

Un très beau livre sur les origines et l’identité, d’une étonnante justesse de ton.
Jérôme Garcin, le Masque et la Plume (France Inter)

Une touchante histoire de résilience, de famille et d’amitié à l’ombre des orangers.
Libération

Un premier roman incroyablement émouvant, d’une écriture belle et pudique sur le deuil, la honte, l’amour. Et qui atteste une fois encore, si besoin en était, de la richesse d’avoir plusieurs cultures.
Isabelle Potel, Madame Figaro

La langue élégante et très vivante d’Oliver Dorchamps raconte avec tendresse et humour comment le deuil peut devenir un révélateur de soi.
Isabelle de Montvert-Chaussy, Sud Ouest

C’est bien la lumière qui éclate entre les lignes de ce très beau récit de transmission et de retour aux sources. […] Le lecteur en ressort le coeur gros, la larme à l’oeil, tant sont positives les valeurs et les émotions délivrées.
Amandine Glévarec, Le Courrier

C’est à un voyage dans l’intimité d’une famille franco-marocaine qu’Olivier Dorchamps nous convie, dans une langue simple, avec pudeur, avec des touches d’humour pour rendre plus léger un propos qui ne l’est pas.
Le Télégramme