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Marta Orriols

Apprendre à parler avec les plantes

"L'une des idées du livre est que la mort est quelque chose d'unique, l'expérience de perdre quelqu'un est quelque chose d'unique, mais en même temps, le sentiment est vraiment universel"

 

Marta Orriols

Apprendre à parler avec les plantes

"L'une des idées du livre est que la mort est quelque chose d'unique, l'expérience de perdre quelqu'un est quelque chose d'unique, mais en même temps, le sentiment est vraiment universel"

 

Biographie & Bibliographie

Marta Orriols est espagnole. Elle vit et travaille à Barcelone. Historienne de l’art, elle se consacre également à l’écriture de scénarios pour le cinéma.

Son premier livre, un recueil de nouvelles, "Anatomia de les distàncies curtes"(Edicions del Periscopi, 2016) a rencontré un écho remarquable auprès des critiques et du public.

En 2018, elle publie son premier roman" Aprendre a parlar amb les plantes" (Edicions del Periscopi, 2018).

Bibliographie


 

  • Apprendre à parler avec les plantes, Seuil, 2021

Les titres en gras sont disponibles dans le réseau des médiathèques

Apprendre à parler avec les plantes

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Apprendre à parler avec les plantes

À 42 ans, Paula Cid mène une vie ordinaire à Barcelone. Passionnée par son travail en néonatalogie et immergée dans la routine de la vie de couple, elle ne voit pas la catastrophe arriver : après quinze ans de vie commune, son compagnon la quitte pour une autre.Et quand il meurt dans un accident de vélo quelques heures plus tard, sa vie bascule.

Meurtrie, elle ne sait plus ce qu’elle est en droit de ressentir. À la douleur de la perte viennent s’ajouter la rancoeur, le sentiment d’abandon et la jalousie. Est-ce trahir la mémoire du défunt que d’entamer une nouvelle relation ou prend-elle sa revanche sur celui qui l’a trompée ?

Une année durant, elle observe les mouvements de son âme bouleversée, avec lucidité et auto-dérision, entre crises de larmes et fous rires inattendus.

Et peu à peu la peine se mue en tendresse, tandis que les plantes de la terrasse redeviennent aussi luxuriantes que la vie qu’elle se promet d’avoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait

   "Tu m'occupes comme une affaire non résolue, tu en as toute l'épaisseur, comme ces listes interminables de choses à régler que tu rédigeais en permanence et pour lesquelles on ne trouvait jamais le temps. Tu t'en souviens ?

  • Mettre de l'ordre dans le dossier photo
  • Déclarer les tickets de stationnement.
  • Acheter du vernis pour la table de la terrasse.
  • Appeler le plombier.

  J'ajoute à cette liste les reproches que je ne pourrai plus jamais te faire et ceux que je me ferai à moi-même. J'imagine qu'il est normal de sentir ce poids dans un coeur rempli de griefs et de larmes. Lorsque la haine est impuissante et que j'ai très envie de te pleurer, je retiens mes larmes en crispant les muscles de mon cou, et j'évite de sombrer dans les états d'âme qu'oblige la double tragédie. Je récite à voix basse toute la musculature du cou jusqu'à te transformer en une planche froide d'anatomie, en m'éloignant petit à petit de toi :  sterno-thyroïdien, sterno-hyoïdien, sterno-cléido-mastoïdien, je répète une fois et encore sans m'arrêter, mais tu reviens toujours avec la liste des choses à régler dans une main et tes lunettes sur le nez.

  Du lit où je me trouve, j'observe la terrasse en friche. Une à une les plantes ont succombé. Comment faisais-tu Mauro ?

  A l'évidence, elles ne se contentent pas uniquement d'eau. Tu leur parlais. Tu ne le faisais pas ouvertement et jamais devant les autres. Tu tenais cela pour un acte intime et suprême, la profession de foi de ceux qui ne croient pas aux miracles. Je me lève. Je respire et je note sur ma liste : "Apprendre à parler avec les plantes" 

(p.147-148)

Dossier de presse

"Je craignais que la romancière veuille nous appendre à pardonner l’affront et à faire son deuil. Elle est ailleurs. Le style est mordant, cruel. Sans afféterie. L’autrice ne sombre jamais dans la mélancolie, le romantisme. (...) Marta Orriols montre bien comment la tragédie change les rapports humains et les rapports au monde. Jeux de miroir en amitié, place prépondérante du travail, bouleversement du temps intérieur."

Marta Orriols et les petites victoires - Le Point

 

  « Avec ce premier roman caustique et très réussi sur la perte d’un être cher, Marta Orriols s’affirme comme la révélation catalane de l'année. Aussi décapante que retenue, sa prose évite les coups bas et l’émotion gratuite en dépit du sujet tabou qu’elle décrit. »

El Mundo

 

« Perchée sur un fil au-dessus de l’abîme, Marta Orriols réalise un exercice de funambulisme. La bonne nouvelle, c'est qu’elle ne tombe pas. L’excellente nouvelle, c'est qu’il faut beaucoup de talent et de courage pour ne pas tomber, car la force d’attraction de l’abîme est colossale. »

Carlos Zanón

 

« Marta Orriols a la capacité de fixer avec des mots la fugacité et l’imprévisibilité des événements de la vie quotidienne"

El País